Goyard

le malletier historique de Monaco

Dans son comptoir de vente au pied de l’Hôtel de Paris ouvert en 2018, la très confidentielle Maison Goyard présente ses plus belles créations aux élégantes et aux dandies de passage à Monaco.

Les Grimaldi, les Agnelli, les Windsor, Pablo Picasso, Sacha Guitry, Jacques Cartier, Coco Chanel, Jeanne Lanvin, Romy Schneider, Cristobal Balenciaga, Karl Lagerfeld, Alain Ducasse… Tous ont un jour poussé la porte d’un comptoir de vente Goyard. Depuis sa création en 1853, faisant du voyage un art de vivre, le malletier parisien séduit en offrant aux happy few des produits intemporels, loin des diktats de la mode, déclinés selon quatre grands axes : le voyage, la maroquinerie, les accessoires animaliers et les commandes spéciales, réalisées à la main sur-mesure. Pas étonnant que les cours et présidences l’élisent fournisseur officiel. Avec l’arrivée du chemin de fer et des premières traversées maritimes sous Napoléon III, la Maison parisienne ouvre des succursales à Biarritz et Monte-Carlo, hauts lieux de villégiature du gotha européen. Après avoir fait son retour à Biarritz en 2016, c’est tout naturellement que le malletier s’installe en 2018 sur l’avenue de Monte-Carlo, dans un écrin de 170 m2 qui a été conçu pour mettre en lumière ses créations réalisées dans la célèbre toile en coton et lin au motif de chevrons.

Ambiance Riviera

Pénétrons dans la boutique dont la façade reste fidèle au style Belle Epoque cher à l’Hôtel de Paris : un escalier aux garde-corps en fer forgé vous convie à découvrir le comptoir de vente. Grâce au savoir-faire d’artisans exceptionnels, le sol a été réalisé en marqueterie de marbre tandis que les boiseries anciennes en acajou massif de Cuba signées Jansen s’intègrent à merveille dans ce décor luxueux. Vitrines en verre, laiton et chêne, miroirs anciens au mercure, mobilier des années 40, table de milieu de Gilbert Poillerat, appliques en bronze en forme d’hippocampe, chaque détail peaufine l’ambiance balnéaire, très Riviera.

En outre des lignes classiques, parmi les rééditions, les clientes ne résisteront pas au sac Saïgon décliné dans différentes tailles et couleurs. En soirée, elles arboreront aisément la minaudière… So chic ! Tout aussi raffiné mais plus fantaisie, le sac rond Alto côtoie le sac-filet Aligre ou les espadrilles enrichies d’un joyeux liseré turquoise. Pour les bagages, les voyageurs adopteront le trolley Bourget dans l’un des 11 coloris de Goyardine. Rappelons que l’histoire entre Monaco et Goyard a commencé sous le règne d’Albert 1er. Edmond Goyard inaugurait sa première succursale au Winter Palace en 1899. Deux autres comptoirs se succéderont ensuite à Monte-Carlo au cours du XXe siècle. Pendant plus d’une décennie sur la Place de la Madone, puis en 1913 au cœur de l’Hôtel Hermitage jusqu’à l’aube de la Seconde Guerre Mondiale.

Ce retour est donc riche de sens, témoin des liens restaurés entre le plus ancien malletier toujours en activité et la Principauté. Par Julie de los Rios