Josephine Baker

Ses trois amours : son pays, Paris et… Monaco

L’aura de Joséphine Baker est toujours présente à Monaco qui célèbre la mémoire d’une artiste lumineuse et ses liens d’amitié avec la famille princière.

Soirée d’inauguration du Monte-Carlo Sporting Club, le 22 juin 1974.
© Robert Oggero / Archives Monte-Carlo SBM

Le 30 novembre, Joséphine Baker fera son entrée au Panthéon, 6e femme à être honorée dans ce temple de la République. Une distinction à la hauteur de son destin exceptionnel. Sur scène bien sûr, où la célèbre meneuse de revue a brillé dès les années 20, mais aussi dans la vie où elle fut une figure de la Résistance, puis de la lutte contre le racisme au côté de Martin Luther King. En accord avec la volonté de ses enfants, son corps restera inhumé au cimetière de Monaco, où il repose depuis 1975. C’est donc un cénotaphe à son nom qui marquera sa présence au Panthéon. Le même jour, à Monaco, une soirée organisée au Bar Américain lui rendra hommage. Un groupe de musique reprendra en mode jazzy des airs de Joséphine Baker, tandis que le chroniqueur et journaliste Alex Jaffray retracera sa vie monégasque, au fil de belles images projetées sur écran à 19 h et 22 h.

La reine du music-hall
Le souvenir de la célèbre chanteuse et danseuse rayonne toujours sur Monaco qui, le 25 septembre dernier, inaugurait la place Joséphine Baker dans le quartier du Larvotto. Un air de charleston accompagnait la cérémonie, joyeux et endiablé à l’image des débuts de l’artiste dans les années folles. En 1925, la jeune femme quitte une Amérique ségrégationniste, tournant la page sur une enfance misérable, pour tenter sa chance en Europe. À Paris plus précisément où la Revue Nègre dont elle fait partie ne va tarder à faire salle comble au Théâtre des Champs-Elysées. Sa tenue dénudée et sa ceinture de bananes font scandale mais la propulsent sur le devant de la scène. Feux de la rampe qu’elle ne quittera plus durant des années.

Costume dessiné par André Levasseur pour le show Joséphine et affiche du Gala de la Croix-Rouge en 1974.
© Archives Monte-Carlo SBM

Des liens indéfectibles
Mais la bonne fortune va tourner. Joséphine Baker s’est endettée. Train de vie dispendieux, générosité excessive, mauvaise gestion du complexe touristique qu’elle a créé en Dordogne… en 1968, son château des Milandes est vendu une misère. À 62 ans, elle a tout perdu. L’artiste va pourtant retrouver le chemin du succès… à Monaco. À la demande de la Princesse Grace, elle remonte sur scène pour le Gala de la Croix-Rouge Monégasque en août 1969. Et ne tarde pas à s’installer dans une maison à Roquebrune-Cap-Martin, aidée par Grace de Monaco, devenue une amie proche. D’autres galas prestigieux suivront comme l’inauguration du Monte-Carlo Sporting Club en juin 1974 par la Société des Bains de Mer. Un des anciens logos de la SBM évoquait d’ailleurs les tenues en plumes de Joséphine. Un mois et demi plus tard, elle remonte sur cette même scène avec une revue musicale flamboyante qui retrace sa vie. Le spectacle fera date, scellant les liens heureux qui ont uni la chanteuse à la Principauté. Une histoire magnifique dévoilée dans le livre Joséphine Baker à Monaco, réalisé par le groupe Monte-Carlo Société des Bains de Mer qui sera offert aux convives lors de la soirée* au Bar Américain de l’Hôtel de Paris Monte-Carlo.

 Par Christine Mahé